
Ce texte est le premier d’une série de cinq portant sur les applications électroniques de navigation. Il montre comment faire les tâches les plus importantes en navigation, soit:
- se procurer des cartes électroniques.
- lire des symboles sur la carte.
- mesurer les distances et les angles.
- s’informer sur les courants et les marées.
- évaluer sa vitesse et sa route sur le fond.
- planifier et exécuter des routes.
- échanger des routes déjà planifiées.
- enregistrer la route réelle empruntée.
Ce premier texte couvre l’application Navionics (Boating). Les autres textes couvrent respectivement OpenCPN, Savyy Navy, C-MAP et SEAIQ. La première partie de ce texte couvre des généralités applicables à l’ensemble des applications de navigation. La seconde partie couvre spécifiquement l’usage de Navionics.
Quelques généralités sur les applications de navigation
Une application de navigation est un logiciel qui interprète et affiche des cartes électroniques destinées à la navigation. Il faut un appareil électronique pour être en mesure de l’utiliser. Les options courantes sont un téléphone intelligent, une tablette électronique (iPad, etc.) ou encore un ordinateur embarqué sur un voilier (Raymarine, etc.). Sur les voiliers usagés, l’usage d’une tablette est une pratique courante. Pour cette raison, l’emphase est sur les tablettes et les cellulaires dans les paragraphes qui suivent.
Un GPS est requis…
Pour afficher la position et la vitesse d’un voilier, l’application doit être installée sur un appareil doté ou branché à un GPS. Il faut préférablement un écran tactile pour intéragir avec la carte (mais d’autres interfaces sont possibles sur les ordinateurs embarqués). La grande majorité des téléphones intelligents modernes ont un gps et un écran tactile. Cependant, le GPS fait parfois défaut sur certains modèles de tablettes électroniques (notamment les iPad réguliers).
Si on cherche à installer une application sur un appareil dédié, il faut porter attention à la présence du GPS. Chez certains fabricants (e.g. Apple), il faut se procurer les tablettes avec des fonctions cellulaires pour avoir le GPS. Autrement, pas de données sur la position et sur la vitesse!
… mais pas de données cellulaires!
Une application électronique de navigation ne requiert pas de connexion cellulaire pour naviguer. On peut faire de la haute mer sans réception cellulaire, ou encore en mode « avion » dans les pays où les frais d’itinérance sont élevés. Tant que le GPS est activé, il sera possible d’afficher les cartes, la vitesse et la position de votre voilier. Il faut cependant ajouter un bémol: pour mettre les cartes électroniques à jour, il faudra une connexion quelconque à l’internet, qu’elle soit cellulaire ou par wi-fi.
L’application évalue la vitesse de votre appareil
Par défaut, les appareils électroniques portables tels que les cellulaires et les tablettes sont déconnectés des instruments d’un voilier. Ce faisant, l’application affiche la position, la vitesse et le mouvement … de votre appareil électronique. Cette distinction peut devenir importante si vous marchez sur votre bateau au moment où vous lisez votre vitesse (faites l’exercice sur terre ou à quai!). Cela signifie également que l’application ne peut afficher que la vitesse et la route sur le fond. Votre application ignore votre cap, et ne peut isoler la dérive.
C’est possible de connecter des applications de navigation sur un réseau wi-fi diffusant les données NMEA de votre voilier, mais cela demande des étapes additionnelles. Évidemment, l’exception la plus importante concerne les ordinateurs embarqués (Raymarine, etc.) qui sont branchés au réseau NMEA du voilier.
Il est sage d’avoir de la redondance
Qui dit appareil électronique portable dit également qu’il est possible de le perdre, de l’échapper à l’eau, qu’il est possible de manquer de batteries, ou encore qu’il est possible qu’il se brise. Il m’est arrivé d’échapper un appareil à l’eau, ou de ne plus être capable de le charger parce que trop exposé à la pluie.
De fait, c’est une pratique sécuritaire que d’avoir un deuxième appareil avec une application installée, à jour, et avec des piles chargées. Similairement, c’est une bonne pratique que d’apporter plus d’un câble de chargement, et une pile externe permettant de le recharger.
Il est sage d’apporter son propre appareil
Si vous naviguez sur le voilier d’un autre, les capacités et l’état des cartes électroniques du système embarqué seront inconnues jusqu’à ce que vous soyez à bord. Les appareils électroniques sont assujettis aux réparations et bricolages électriques fait par d’autres. Basé sur mon expérience, il n’est pas rare de voir des écrans brisés, des breakers qui sautent, ou des cartes qui ne sont pas à jour. Si la navigation dépend d’un appareil électronique sur le navire d’un autre, c’est une bonne idée que d’apporter le vôtre.
Les informations cartographiques viennent du gouvernement
Peu importe votre application favorite, si vous affichez une carte en territoire canadien, les données transmises par la plupart des applications électroniques proviennent du Service Hydrographique du Canada. Les compagnies privées opérant ces applications paient des droits d’usage en échange de l’accès aux données cartographiques du Service Hydrographique.
En ce sens, peu importe le fournisseur d’application, vous aurez essentiellement les mêmes informations cartographiques. Il y aura des différences au niveau des couleurs ou de certains symboles, mais les cartes afficheront la même profondeur, les mêmes bouées, etc. Les seules différences relèvent du mode de mise-à-jour et de l’apparence graphique.
Pour employer une analogie, on peut préférer le Coke au Pepsi, mais c’est pareillement de l’eau, du sucre et du gaz carbonique. Les différences ne tiennent qu’à quelques ingrédients!
Je prends la peine d’écrire « la plupart » des applications plutôt que toutes, car certaines peuvent se baser sur des services tiers. Si tel est le cas, il est préférable de ne pas utiliser l’application pour naviguer en eaux canadiennes, car les données sur les cartes sont probablement désuètes, erronées, ou les deux!
Il faut quand même des cartes en papier
Les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Zélande et l’Australie reconnaissent que les applications électroniques sont des substituts acceptables aux cartes en papier. De fait, les pays limitrophes (notamment dans les Caraïbes) suivent les grandes puissances maritimes. Au Canada, ce n’est cependant pas le cas pour les plaisanciers.
Pour les navires de plaisance, le Règlement sur la sécurité de la navigation précise qu’il faut encore avoir des cartes en papier d’une échelle appropriée à bord, à moins de connaître le plan d’eau sur lequel on navigue. Il faut ici comprendre que si on navigue à répétition dans des eaux connues, il n’est pas nécessaire d’avoir des cartes. Mais si on voyage dans de nouveaux plans d’eau, les embarcations canadiennes de plaisance doivent avoir des cartes en papier.
Je suis de ceux qui pense que cette obligation réglementaire devrait changer, notamment pour suivre la pratique de la grande majorité des plaisanciers, et autoriser les applications électroniques. Cela dit, ce n’est pas encore le cas et si on veut se conformer à la loi, il faut du papier à bord (et plus généralement les publications nautiques). Pour suivre l’évolution de la navigation électronique au Canada, on peut se rendre au portail e-navigation de la Garde côtière du Canada. En particulier, la page détaillant la feuille de route gouvernementale illustre bien les défis de la transition vers l’électronique.
Navionics (Boating)
Navionics est une application qui affiche des cartes marines professionnelles aux plaisanciers via un système d’abonnement. L’application est disponible à la fois sur le Apple store et sur Google store et fonctionne sur la grande majorité des appareils électroniques modernes. En substance, en payant un abonnement pour une région donnée du monde, Navionics fournit des cartes qui sont continuellement mise-à-jour (pour autant qu’on soit connecté à l’internet). Elle offre une période de 90 jours où on peut accéder aux données gratuitement, ce qui permet d’évaluer l’application. Ensuite, il faut payer l’abonnement.
C’est une application que j’utilise pour l’exécution de mes plans de passage (et je travaille avec une autre application pour la planification). L’application n’est pas sans défaut, la plus importante étant le traitement des courants dans le St-Laurent. Je laisse aux préférences de chacun le soin d’établir la supériorité d’une application à une autre. Les autres textes en couvrent d’autres!
Se procurer des cartes électroniques
Pour se procurer des cartes électroniques sur Navionics, il faut télécharger l’application, s’y créer un compte et accepter la licence d’utilisation. Il faut alors accéder au menu principal, puis choisir la section « abonnements ». On peut alors choisir la région d’intérêt et fournir ses informations de paiement.





Navionics activera ensuite un paiement automatique annuel pour l’usage des cartes. En 2025, le prix de l’abonnement pour les cartes des États-Unis et du Canada est de 80 dollars canadien. Si on souhaite avoir les cartes des Caraïbes, on doit payer un abonnement additionnel, et ainsi de suite pour chaque région du monde qui nous intéresse.
Une fois qu’on a un abonnement, on peut utiliser le pincement des doigts sur l’écran tactile pour cibler une région de navigation qui nous intéresse. Du moment que l’appareil est connecté à l’internet, les objets graphiques constituant cette région de navigation seront téléchargés automatiquement par l’application. On pourra voir une petite bande bleu de téléchargement au sommet de l’application.



On peut aussi télécharger des cartes d’avance. L’option est particulièrement utile si on entend faire une navigation sans connexion internet. Il suffit de choisir la zone qui nous intéresse à l’aide de l’écran tactile, puis de télécharger la carte. La région sélectionnée sera ensuite prête pour un usage sans internet.
Lire des symboles sur la cartes
Navionics ne présente pas tous les symboles en conformité aux conventions internationales (consignées dans la Carte #1). Il est donc important de pouvoir les interpréter. À cet égard, le réticule de navigation – la croix au centre de l’écran – est l’outil essentiel pour lire textuellement le sens des symboles.
Le réticule apparaît dès qu’on déplace la carte avec un seul doigt. Le centre du réticule est le point ciblé pour lequel l’information sera affichée. Au sommet du réticule, on trouve une description sommaire du point ciblé. À gauche du réticule, on trouve le menu d’informations météorologique (un icône de nuage et de soleil). À droite, on trouve le menu d’information détaillées (le point d’interrogation).




Pour obtenir de l’information sur un symbole particulier, il faut déplacer la carte de manière à ce que le réticule soit sur le symbole. On peut ensuite obtenir l’information sommaire au sommet du réticule, mais pour de l’information détaillée, on doit cliquer sur le bouton du menu d’information détaillée (le point d’interrogation).
L’application affichera alors l’ensemble des objets cartographiés se situant au point géographique ciblé par le réticule. Il y en a généralement plus d’un. Il faut alors choisir celui qui nous intéresse pour avoir les informations associées.
Les images accompagnant cette section du texte montre que le réticule est ciblé sur la bouée H93, proche de St-Jean-Port-Joli. En cliquant sur le menu d’information détaillée, on constate que la carte électronique contient quatre objets à cet endroit: : la bouée, les lignes de niveau, le nom du chenal et la zone de profondeur.
On peut alors mettre son doigt sur l’objet qui nous intéresse pour trouver les informations consignées. À gauche, on voit les informations détaillées de la bouée H93, soit une bouée à charpente verte avec une lumière verte à éclat s’allumant aux quatre secondes (G FL 4S). On peut également voir son numéro (ATL 1874) qui correspond à sa désignation officielle dans le Livre des feux des bouées et des signaux de brume de l’Atlantique (image ci-dessous).
Correspondance avec le Livre des feux, des bouées et des signaux de brume
Bien que l’information présentée par l’application soit passablement complète, elle omet certaines informations. En particulier on remarquera que l’application n’indique pas que la bouée H93 n’est présente que pendant la saison estivale.

Une fois qu’on a compris comment déplacer le réticule, on peut virtuellement trouver toutes les informations sur chacun des symboles.
Mesurer les distances et les angles
La mesure des angles et des distances se fait à l’aide de l’instrument de compas, situé en bas et à droite de l’écran. En appuyant sur la touche, on peut faire apparaître deux épingles reliées par un trait. Une épingle est mauve et l’autre est rouge. La distance mesurée est celle entre les deux épingles (le trait). L’angle mesuré est celui que fait le trait avec le nord. Une fenêtre contextuelle affichant la distance et l’angle apparaît également.
Dans l’image de gauche ci-dessous, on peut voir une distance entre la position d’un navire (la pointe de flèche rouge) et le port de Gros-Cacouna. La distance affichée est de 1 mille nautique (1.0 NM, pour nautical mile). Cette distance est affichée parce que les épingles coïncident avec la position du navire et le port. En déplaçant les épingles à n’importe quel endroit d’intérêt, on sera en mesure d’établir n’importe quelle distance voulue.
La mesure des relèvements se fait en degrés vrais et suit la convention usuelle de mesurer à partir du nord. Le relèvement affiché se fait toujours en présumant que la dernière épingle bougée est la destination (peu importe sa couleur). Dans l’image de gauche ci-dessous, le relèvement affiché est de 263 degrés, signifiant que la route à suivre entre le port de Gros-Cacouna et le navire est au 263 degrés vrais.
Si on souhaite avoir la direction inverse, il suffit de bouger l’épingle rouge pour voir l’application afficher le relèvement inverse, soit 083 degrés vrais. L’interprétation est que le navire doit suivre une route au 083 degrés vrai pour entrer au port de Gros-Cacouna (note: cela correspond approximativement à l’alignement indiqué sur la carte). En déplaçant les épingles à n’importe quels points d’intérêt, on peut trouver les relèvements qui nous intéresse.



S’informer sur les courants et les marées
Les marées
Note: cette section est une reproduction de la section du texte portant sur la détermination d’une fenêtre de marée. Elle illustre comment trouver l’information des marées pour St-Jean-Port-Joli. On peut bien-sûr faire la même démarche pour d’autres stations de marée.
L’application Navionics n’invente rien. Elle ne fait que rapporter les informations des stations de marées disponibles sur le site marees.gc.ca. Elles sont affichées directement sur la carte.

L’application affiche automatiquement les stations de marées. Ce sont les petits rectangles noirs comprenant tantôt une jauge rouge (comme dans l’image), tantôt une jauge bleue (non-illustrée). Le rouge est une indication visuelle que la marée descend. La bleu est une indication visuelle que la marée monte. Pour obtenir la marée, il faut choisir la jauge la plus proche de l’endroit qui nous intéresse. On le fait en plaçant le réticule sur la station de marée, puis on tape sur le menu d’information détaillées.
L’image ci-dessous (à gauche) affiche la fenêtre de cycle de marées lorsqu’on a correctement cliqué sur la jauge. Elle est compressée au bas de l’écran. Navionics affiche le niveau d’eau réel (niveau de marée + zéro des cartes) directement sur l’écran tant et aussi longtemps qu’on est dans le menu contextuel de marées. On peut donc voir le niveau de l’eau prévu en fonction du cycle de marée.

Choisir la bonne date n’est l’affaire que d’utiliser le menu contextuel en bas, à gauche de l’écran (voir l’image ci-dessous). En déplaçant les molettes, on peut identifier la date qui nous intéresse, et l’application chargera les données de marée à la journée d’intérêt.

L’interprétation des données de marées se fait alors en déplaçant le curseur qui est en bas de la fenêtre de marées. On peut alors retrouver l’heure de la marée basse, de la marée haute, ou encore le niveau d’eau de n’importe quel moment de la journée.
Il convient de noter que les heures présentées dans Navionics sont nécessairement celles présentées au fuseau horaire de votre appareil électronique. Dans les images de ce texte, la tablette est dans le fuseau horaire des Caraïbes (!), si bien que l’heure est devancée. Il faut donc, dans les images ci-dessous, additionner une heure pour retrouver l’heure du Québec. Si votre tablette ou votre cellulaire est à l’heure du Québec, il n’y a pas d’adaptation nécessaire.

Les courants
La méthode pour évaluer les courants est similaire à celle pour évaluer les marées. Il faut identifier une « station de courant » sur le plan d’eau, y placer le réticule, et cliquer sur le menu d’information détaillées pour obtenir l’état des courants. On peut les obtenir en temps réel. de manière similaire aux marées, mais on ne peut choisir une date et déterminer quelle sera la direction et l’ampleur du courant à la station indiquée. Les images ci-dessous illustrent l’essentiel de la méthode.



Une comparaison des courants affichés par Navionics à ceux de l’Observatoire Global du St-Laurent sont montrent cependant un problème. Les calculs manuels tirés de l’Atlas des courants coïncident avec ceux de l’Observatoire, mais pas avec ceux de Navionics. En d’autres termes, Navionics n’affiche pas les bonnes informations de courants sur le fleuve St-Laurent!

Évaluer la vitesse et la route sur le fond
Tant et aussi longtemps que le GPS de l’application électronique est activé, l’évaluation de la vitesse sur le fond (speed over ground, ou SOG) et de la route sur le fond (course over ground, ou COG) est automatique et affiché à l’écran. Le navire est représenté par une pointe de flèche rouge et la route sur le fond empruntée correspond à la ligne rouge prolongeant la direction de la flèche.

Succinctement, la route sur le fond est la direction où va le navire, tenant compte de l’effet des vents et des courants, par opposition à la direction où pointe le navire (le cap). Similairement, la vitesse sur le fond correspond à la vitesse par rapport à la terre et non la vitesse par rapport à l’eau (ce qu’affiche un loch). Si ces notions ne vous sont pas familières, je vous encourage à suivre une formation en navigation.
L’application Navionics affiche la vitesse sur le fond automatiquement, en haut et au centre de la fenêtre. Dans l’image à droite, la vitesse affichée est de 20.9 nœuds (Kts : knots, ou nœuds), une vitesse difficilement atteignable avec un voilier de plaisance! Cela signifie que le navire se déplace à 20.9 milles nautiques par heure par rapport à la terre.
Dans la même image, la route sur le fond est indiquée par la flèche rouge et est à peu près au Sud-Ouest (225 degrés vrais).
Planifier et exécuter des routes
La planification des routes passe par le menu « route » en bas à droite de la fenêtre de l’application. On peut choisir l’option manuelle et l’option automatique.
L’option manuelle laisse le soin à l’utilisateur de placer les points de cheminement (waypoints) formant la route. Une fois en mode manuel, il suffit d’appuyer longtemps sur un point géographique de la carte pour l’ajouter à la route en cours. Les points sont ajoutés un à la suite de l’autre. Ci-dessous, j’illustre une route sur le fond entre Tadoussac et le Bic.



Un défaut notable des cartes électroniques est de masquer des objets de navigation lorsqu’on est à basse résolution (lorsqu’on couvre une grande distance avec l’écran). C’est donc une bonne pratique que de reprendre la route dessinée à résolution élevée (en « zoomant ») pour vérifier que la route ne passe par par des objets qui ne sont pas masqués à basse résolution. Dans l’exemple de route ci-dessous, un examen à haute résolution suggère qu’on passe peut-être trop proche de la bouée cardinale du rocher Alcide.


On peut modifier la route en ajoutant un point de cheminement intermédiaire. Il suffit de cliquer longuement sur un segment de route, puis de déplacer le point retenu à l’endroit voulu. Navionics comprendra alors qu’un nouveau point est créé à l’endroit où vous l’avez relâché.
Navionics offre aussi l’option de planification de route automatique. Il faut l’employer avec une grande prudence, car on laisse l’ordinateur déterminer par où passer sans nécessairement tenir compte des considérations de sécurité qui peuvent s’appliquer. En particulier, une route automatique ne tiendra pas compte des avertissements de navigation en vigueur. C’est une pratique essentielle que de réviser une route créée automatiquement pour voir s’il y a des dangers avant de l’utiliser.
Échanger des routes déjà planifiées
Navionics permet de télécharger des routes produites sur d’autres applications. Similairement, il est possible d’exporter des routes produites sur Navionics. Le format d’échange est .gpx, un standard ouvert. C’est donc un moyen commode de partager une route d’une personne à l’autre sans que cette personne n’utilise la même application de navigation que vous.
Pour exporter une route, il faut aller dans le menu d’archive de routes en cliquant sur le menu « route », puis « archives de route », puis choisir le menu de sélection en haut à droite. Il faut ensuite sélectionner la route qu’on souhaite exporter, puis cliquer sur le bouton de partage. Finalement, il faut choisir l’option « exporter au format .gpx ». Les images ci-dessous résument comment s’y prendre.



Navionics offre l’option « de partager une route à un ami ». Cette option demandera à votre ami d’installer Navionics sur son appareil pour avoir accès à la route. C’est donc plus un moyen de forcer l’usage de l’application que de partage de route! En revanche, l’exportation au format .gpx sera prise en charge par la plupart des autres applications de navigation.
Pour charger une route au format .gpx dans Navionics, il faut simplement cliquer sur la route une fois qu’elle est téléchargée. Navionics s’ouvrira alors automatiquement. Si plusieurs application de navigation sont installées sur votre appareil, c’est cependant possible qu’une autre application s’ouvre au lieu de Navionics. Dans ce cas, il faut indiquer à votre système d’exploitation quelle application utiliser pour ouvrir les fichiers .gpx.
Enregistrer la route réelle empruntée
L’enregistrement de la route réelle (souvent appelée la « trace ») passe par le bouton de départ situé en bas de l’écran. Cela permet de conserver l’historique de la position réelle du navire et de l’afficher sur la carte. C’est très pratique pour repasser sur son chemin sur des plan d’eau qui sont mal balisées.
Du moment qu’on démarre l’activation de la trace, l’écran de Navionics affichera une barre contextuelle contenant le temps écoulé, la vitesse sur le fond moyenne et la distance parcourue. Cette barre est affichée en haut de l’écran.
Dans l’image de gauche ci-dessous, on peut voir la barre contextuelle au début de l’activation (tout est à zéro). On remarquera d’ailleurs que le bouton « départ » est remplacé par le bouton « stop » (en bas, au centre), signifiant implicitement que l’application est en mode suivi de navigation.
Dans l’image du centre ci-dessous, on peut voir la route empruntée par le navire (sa trace) et les statistiques de navigation après 43 minutes, 49 secondes de navigation. La vitesse moyenne est de 14.3 nœuds (sur le fond) et la distance parcourue est de 6.0 milles nautiques. Dans l’image, la trace est une ligne droite parce que le navire est allé en ligne droite, mais il faut comprendre que si la navire avait changé de cap, la trace aurait intégré ce virage.


Conclusion
Navionics est une application de navigation électronique qui permet de faire la plupart des tâches courantes aux fins de navigation. Son défaut le plus important relève des courants qui sont mal calculés sur le fleuve St-Laurent (et peut-être ailleurs).
On soulignera peut-être le peu d’options pour configurer l’affichage. Il n’est pas possible, par exemple, d’enlever certaines informations de la carte. Il est cependant possible de modifier les unités affichées, de même que de changer les couleurs de la carte pour qu’elle soit de nuit ou de jour. Il existe des options avancées qui ne sont pas couvertes dans ce texte. La plus importante est le branchement de l’application à l’AIS du voilier. Il faut se référer aux instructions du fabricant.
En tout et pour tout, c’est une application pratique en poche. Pour évaluer l’état de la navigation tout en restant dans le cockpit, il suffit de jeter un coup d’œil rapide à son téléphone.
3 Responses
[…] de lire la partie « Généralités portant sur les applications électroniques de navigation » du texte sur Navionics. Il vous aidera également à faire bon usage de C-MAP ou des autres applications de […]
[…] autres textes couvrent respectivement les applications Navionics (Boating), Savvy Navvy, C-MAP et SEAIQ. Avant d’entreprendre la lecture de ce texte, c’est une […]
[…] autres textes couvrent respectivement les applications Navionics (Boating), Savvy Navvy, C-MAP et SEAIQ. Avant d’entreprendre la lecture de ce texte, c’est une […]