
Ce texte détaille une partie du standard de navigation côtière élémentaire de Voile Canada. Ce sont des connaissances à maîtriser pour réussir l’examen écrit.
Le standard menant au brevet permet précise d’ailleurs que le candidat au certificat devrait:
Décrire le rôle et les responsabilités du navigateur incluant l’évaluation, la planification et l’exécution ainsi que la surveillance de la position du bateau.
Voile Canada.
Selon Voile Canada, le navigateur a ainsi quatre fonctions:
- La planification du voyage;
- l’exécution du plan;
- la validation du plan en cours de route; et
- l’adaptation si nécessaire.
Pour vous préparer à l’examen, rappelez-vous de ce que chacune de ces étapes signifie concrètement en les résumant en quelques phrases.
La planification

La planification d’une navigation consiste, à évaluer la météo, le plan d’eau, le voilier, les capacités de l’équipage et les objectifs de la navigation pour voir si on peut à la fois répondre aux contraintes et aux objectifs.
Le plan d’eau
L’évaluation du plan d’eau consiste à se demander s’il y a des particularités qui méritent d’être connues, notamment les dangers à la navigation ou les possibles endroits où on peut s’ancrer ou s’amarrer. Pour de longues sorties, c’est aussi crucial de penser à des « plan b » ou de possibles alternatives. Si quelqu’un se blesse ou est malade, quel est l’endroit le plus proche pour amarrer le bateau et aller à une clinique?
Les guides de plaisance, les instructions nautiques, les conversations avec des personnes du coin et bien sûr des cartes marines peuvent à connaître un plan d’eau.
La météo
En matière de météo, sur les plans d’eau fermées tels que les lacs, on doit principalement se renseigner sur les vents et les vagues. Si on navigue sur le fleuve St-Laurent, on doit en plus considérer les marées et les courants.
Le voilier et l’équipage
Au delà des facteurs externes, l’évaluation de la capacité du voilier et de celle de l’équipage doit faire partie de la planification. Une personne expérimentée est capable d’évaluer si un voilier peut « prendre du gros temps » et dans le doute, penser au plan b.
La même chose est vraie pour l’équipage. Si on planifie une sortie à voile pour s’amuser avec des amis qui sont peu expérimentés, on tiendra compte du fait qu’on puisse remettre cette sortie à un autre jour si la météo est peu clémente.
Les objectifs
Pourquoi sortez-vous à voile? Est-ce une croisière? Une sortie entre amis? Une course? Quelle est la durée du voyage? Une heure? Six mois? Vos objectifs influencent vos plans et motivent votre sortie à voile.
Cela dit, pensez aux facteurs externes comme des conditions nécessaires qui alimentent vos objectifs: si votre voilier ou votre équipage n’est pas adapté à l’objectif, ou si la météo n’est pas au rendez-vous, alors il faut repenser à vos objectifs.
Ça n’a pas besoin d’être compliqué
Parfois, le plan est aussi simple que de sortir quelques heures pour faire du va et viens autour d’une marina. Plus votre sortie est courte, plus la planification est simple! Il n’est pas nécessaire, dans ce cas, d’avoir un plan hyper détaillé. Cela dit, on devrait faire une planification sommaire: garder un œil sur les haut fonds, savoir quand la météo va changer, évaluer le moral de l’équipage et savoir quand les courants font qu’on devrait rentrer.
Concrètement
À l’issue de l’étape de la planification, vous devriez savoir:
- par où vous aller passer en terme de caps, de durées et de repères côtiers;
- avoir une bonne idée des conditions météo;
- savoir quels sont les possibles dangers liés à la navigation;
- savoir quelles options alternatives s’offrent à vous si les choses tournent mal.
Bref, la planification évalue les conditions maritimes, les capacités de l’équipage et les objectifs de la navigation pour tenter de répondre aux contraintes et aux besoins.
Pour en lire davantage, je détaille en quatre textes comment planifier un passage pour de longs voyage. C’est du matériel avancé qu’il n’est pas nécessaire de connaître pour le brevet élémentaire de Voile Canada. Cela dit, ces textes peuvent vous donner une idée des choses à prendre en compte pour de longs voyages.
L’exécution
L’exécution du plan de navigation consiste à mettre en œuvre ce que vous avez planifié. Ça se passe sur l’eau, avec le bateau.
Si votre plan est établi en termes de caps et de durées, il faut être en mesure d’orienter la personne à la barre (qui peut être vous) en termes de caps et de repères: « Nous allons dans la direction x pour y minutes », ou encore « nous restons sur ce cap jusqu’à ce qu’on croise le repère z ».
Bien sûr, les x, les y et les z sont des éléments sensés tirés de votre planification. Un bon plan prépare ces informations pour que ce soit facile à exécuter.
L’idée est de faire en sorte que le voilier suive la route prévue.
La validation
La validation consiste à vérifier si la route qu’on suit correspond bien à celle prévue. Sommes-nous où nous pensions être? Ça se passe en temps réel, sur l’eau.
La validation passe par la comparaison entre les conditions réelles de navigation à celles qui étaient prévues. Sommes-nous à la position prévue? Allons-nous trop ou pas assez vite? Les courants ont-ils changés?
La validation de la position et de la vitesse du bateau passe par l’usage de techniques de navigation sur des cartes en papier, par l’usage d’applications électroniques de navigation, voire par la navigation astronomique. Au brevet élémentaire de navigation de Voile Canada, on met l’accent sur les techniques les plus simples et les plus importantes: savoir se servir de ses yeux pour identifier des repères et utiliser des techniques simples pour se servir de cartes marines.
Une bonne planification facilitera l’exécution de la validation du plan. Ça peut être aussi simple que de noter l’heure à un point clé de la route prévue (« on passe à côté de la bouée X à 10h30 »), ou encore de noter une distance par rapport à un repère visible (« on est deux fois plus loin du phare que prévu »).
Si on est là où on pensait être au moment où on pensait être, tout va bien. Mais si l’écart entre le réel et le plan est trop grand, il faut songer à adapter sa route.
L’adaptation
Quand l’écart entre le déroulement réel de la navigation et ce qui était planifié devient trop grand, il faut s’adapter aux circonstances. La plupart des adaptations au plan de navigation sont simples: on corrige le cap de quelques degrés, on adapte sa voilure aux conditions, ou on se prépare à l’arrivée un peu plus tôt.
Des fois, les conditions changeront suffisamment pour demander des modifications importantes au plan. Météo changeante, personne malade, ou encore une progression à voile qui est vraiment différente de celle prévue. Dans ce contexte, la connaissance du plan d’eau et des objectifs de navigation deviennent cruciaux. Ce sera le recours au « plan b » prévu à la planification, ou encore l’élaboration d’une autre route en temps réel, ou bien l’abandon de l’objectif pour rebrousser chemin. Peu importe l’adaptation requise, c’est la sécurité qui doit primer dans la prise de décision.
L’adaptation d’un plan est aussi révélateur de la valeur réelle de l’étape de planification: ce n’est pas d’avoir une route de navigation rigide où les caps et les durées sont élevées au rang de religion, mais plutôt l’acquisition de connaissances suffisantes sur les conditions et le plan d’eau pour être en mesure de s’adapter. Avec un peu de jugement, c’est plus important de faire le plan que de le suivre à la lettre.
Conclusion
L’apocryphe dit que « les meilleurs marins utilisent leur meilleur jugement pour éviter de montrer leur meilleurs talents. » C’est une phrase clé de navigation, et une leçon pratique à retenir pour des sorties en bateau. Si on planifie sa sortie et qu’on évalue son déroulement en temps réel, on aura amplement de temps et de connaissances pour s’adapter aux conditions changeantes.
Pour votre préparation à l’examen de Voile Canada, rappelez-vous de l’acronyme PEVA: planification, exécution, validation et adaptation. Il faut savoir résumer ces rôles en quelques phrases.